WEBVTT FILE

1
00:00:00.533 --> 00:00:01.266
Les perceptions

2
00:00:01.266 --> 00:00:04.833
que les sportifs de l'élite ont d'eux-mêmes,
quant à leur capacité à réussir

3
00:00:05.100 --> 00:00:07.933
contribuent-elles à gagner
des médailles en natation ?

4
00:00:07.933 --> 00:00:08.866
Telle est la question

5
00:00:08.866 --> 00:00:12.433
qu’Herbert W. Marsh et Clark Perry,
de l'Université de Sydney, en Australie,

6
00:00:12.600 --> 00:00:15.600
se sont posés
dans une étude publiée en 2005.

7
00:00:15.700 --> 00:00:18.933
Il est souvent admis que le regard
que l'athlète porte sur lui-même

8
00:00:19.066 --> 00:00:21.366
est un facteur important
de sa performance.

9
00:00:21.633 --> 00:00:24.933
Les concepts reliés à cette notion
que l'on retrouve dans la littérature

10
00:00:24.966 --> 00:00:29.400
scientifique comme “la confiance en soi”,
“le sentiment d'efficacité personnelle”

11
00:00:29.400 --> 00:00:32.233
ou “l'image de soi” partagent tous
la même idée :

12
00:00:32.633 --> 00:00:34.300
à capacités identiques,

13
00:00:34.300 --> 00:00:38.466
les athlètes qui se perçoivent comme plus
efficaces, qui se sentent davantage

14
00:00:38.466 --> 00:00:42.600
confiants et capables de réussir,
réalisent de meilleures performances

15
00:00:42.600 --> 00:00:46.000
comparativement à ceux qui ont
une perception d’eux-mêmes plus négative.

16
00:00:46.600 --> 00:00:49.033
Ces perceptions de soi plus optimistes,

17
00:00:49.033 --> 00:00:52.300
seraient-elles reliées à des paramètres
importants de la performance sportive

18
00:00:52.633 --> 00:00:56.100
comme des objectifs plus ambitieux,
des affects plus positifs,

19
00:00:56.466 --> 00:00:58.100
une plus grande concentration,

20
00:00:58.100 --> 00:01:01.900
des efforts plus importants et une plus
grande persévérance face aux obstacles.

21
00:01:02.133 --> 00:01:06.300
À partir du “Modèle des effets réciproques”,
les auteurs de l'étude ont formulé

22
00:01:06.300 --> 00:01:08.933
l'hypothèse selon
laquelle les performances antérieures

23
00:01:08.933 --> 00:01:11.700
des nageurs de haut niveau
sont positivement reliées

24
00:01:11.700 --> 00:01:14.700
à leur perception de réussite,
qui, en retour,

25
00:01:14.700 --> 00:01:17.700
prédisent leur performance ultérieure.
et ainsi de suite.

26
00:01:18.066 --> 00:01:20.700
Autrement dit,
plus les performances antérieures

27
00:01:20.700 --> 00:01:23.933
sont élevées et plus positives
sont les perceptions de soi.

28
00:01:24.533 --> 00:01:27.033
Mais, à l'inverse,
plus les performances antérieures

29
00:01:27.033 --> 00:01:30.033
sont faibles et plus négatives
sont les perceptions de soi.

30
00:01:30.666 --> 00:01:33.733
En retour, les perceptions
d'un athlète quant à ses capacités

31
00:01:33.733 --> 00:01:36.733
à réussir
vont prédire ses performances ultérieures.

32
00:01:37.300 --> 00:01:40.300
Plus un athlète se perçoit
comme étant capable de réussir

33
00:01:40.433 --> 00:01:43.166
et meilleures
seront ses performances futures.

34
00:01:43.166 --> 00:01:44.800
Pour évaluer cette hypothèse,

35
00:01:44.800 --> 00:01:48.766
les auteurs ont réalisé une étude
avec 257 nageurs de haut niveau

36
00:01:48.766 --> 00:01:51.533
qui participaient à un championnat
du monde en petit bassin.

37
00:01:52.166 --> 00:01:54.766
Dans un premier temps,
les chercheurs ont demandé

38
00:01:54.766 --> 00:01:58.400
aux athlètes de remplir le “Questionnaire
de description de soi

39
00:01:58.400 --> 00:02:02.100
des Nageurs de l'Elite”,
la veille ou le matin de la compétition.

40
00:02:02.800 --> 00:02:06.766
Cet outil permettait d'évaluer
cinq perceptions spécifiques

41
00:02:06.766 --> 00:02:11.533
et une perception plus globale,
toutes reliées à des facteurs de réussite en natation,

42
00:02:11.666 --> 00:02:14.033
à savoir : la perception du niveau technique,

43
00:02:14.566 --> 00:02:17.566
la perception du caractère
adapté de la morphologie,

44
00:02:18.000 --> 00:02:20.933
la perception des capacités aérobies,

45
00:02:20.933 --> 00:02:23.766
la perception des capacités anaérobies,

46
00:02:23.766 --> 00:02:26.500
la perception des capacités mentales

47
00:02:26.500 --> 00:02:29.500
et la perception des capacités
à bien performer.

48
00:02:29.833 --> 00:02:33.333
Les chercheurs ont également relevé
les meilleures performances antérieures

49
00:02:33.700 --> 00:02:36.133
réalisées par chacun
des nageurs de l'étude,

50
00:02:36.133 --> 00:02:40.200
sur la distance et le style de nage
qu'ils avaient choisi pour la compétition.

51
00:02:40.533 --> 00:02:42.866
Afin de pouvoir comparer
les performances réalisées

52
00:02:42.866 --> 00:02:45.866
par les athlètes sur des distances
et des styles différents,

53
00:02:46.166 --> 00:02:49.000
chacune des performances
a été converties en “points”,

54
00:02:49.000 --> 00:02:52.533
à partir du tableau de conversion
proposé par la World Aquatics.

55
00:02:53.466 --> 00:02:57.666
Ce tableau attribue
un nombre de points qui va de 300 à 1100,

56
00:02:57.966 --> 00:03:00.433
pour chaque style et distance de nage,

57
00:03:00.433 --> 00:03:04.366
en fonction du niveau d'une performance
dans la hiérarchie mondiale de l'année.

58
00:03:04.800 --> 00:03:08.366
Enfin, les chercheurs ont soigneusement
enregistré la performance

59
00:03:08.366 --> 00:03:11.366
réalisée par chacun des nageurs
lors du championnat.

60
00:03:11.400 --> 00:03:14.500
Celle-ci a été transformée
elle aussi en nombre de points

61
00:03:14.500 --> 00:03:18.033
à partir du tableau de correspondance
de la World Aquatics.

62
00:03:18.166 --> 00:03:21.900
Marsh et Perry ont utilisé
des analyses statistiques complexes

63
00:03:22.200 --> 00:03:25.066
pour mettre en relation
les performances antérieures,

64
00:03:25.066 --> 00:03:29.233
les perceptions de soi et la performance
réalisée lors de la compétition.

65
00:03:29.700 --> 00:03:33.133
Les résultats mettent en lumière
l'existence d'un lien positif

66
00:03:33.666 --> 00:03:35.700
entre les performances antérieures

67
00:03:35.700 --> 00:03:38.000
et les perceptions
que les nageurs avaient d'eux-mêmes.

68
00:03:38.133 --> 00:03:41.000
Plus les performances antérieures
des nageurs étaient élevées

69
00:03:41.000 --> 00:03:44.100
et plus positives étaient les perceptions
qu'ils avaient d'eux-mêmes

70
00:03:44.100 --> 00:03:47.100
quant à leur niveau technique,
leur morphologie,

71
00:03:47.266 --> 00:03:51.133
leurs capacités physiques ou mentales
ou leur capacité à performer.

72
00:03:51.700 --> 00:03:55.433
Inversement, plus les performances
antérieures des nageurs étaient faibles

73
00:03:55.633 --> 00:03:58.633
et plus les perceptions de leurs capacités
étaient dégradées.

74
00:03:58.900 --> 00:04:02.533
Les résultats montrent également un fort
lien positif entre la meilleure

75
00:04:02.533 --> 00:04:06.600
performance antérieure et la performance
mesurée lors de la compétition.

76
00:04:07.300 --> 00:04:10.400
Cela signifie que, plus la performance
réalisée par un athlète

77
00:04:10.400 --> 00:04:13.100
les mois qui précèdent
la compétition était bonne,

78
00:04:13.100 --> 00:04:16.100
et meilleure était sa performance
lors de la compétition.

79
00:04:16.366 --> 00:04:19.333
La performance antérieure
constitue d'ailleurs le principal

80
00:04:19.333 --> 00:04:22.366
déterminant de sa performance
lors de la compétition.

81
00:04:22.933 --> 00:04:26.933
Enfin, les résultats portent également
un soutien à l'hypothèse initiale.

82
00:04:27.300 --> 00:04:30.300
Ils montrent que les perceptions
que les nageurs avaient d'eux-mêmes

83
00:04:30.433 --> 00:04:33.300
prédisaient la performance
lors de la compétition,

84
00:04:33.300 --> 00:04:37.400
au-delà de ce qui avait été déjà prédit
par leur niveau de performance antérieure.

85
00:04:37.666 --> 00:04:41.100
Autrement dit, à niveau de performance
antérieure identique,

86
00:04:41.266 --> 00:04:44.066
plus un nageur se sentait
capable de performer

87
00:04:44.066 --> 00:04:47.133
et meilleur était la performance
qu'il réalisait lors du championnat.

88
00:04:47.533 --> 00:04:50.966
A l'inverse, à niveau de performance
antérieure identique,

89
00:04:51.333 --> 00:04:54.166
moins un nageur
se sentait capable de performer,

90
00:04:54.166 --> 00:04:57.366
et moins bonne était la performance
qu'il réalisait lors du championnat.

91
00:04:57.866 --> 00:05:01.166
En termes de “pouvoir explicatif”,
Marsh et Perry ont constaté

92
00:05:01.166 --> 00:05:05.866
que la performance antérieure
expliquait environ 85 % de la performance

93
00:05:05.866 --> 00:05:06.900
lors du championnat,

94
00:05:06.900 --> 00:05:09.166
alors que les perceptions de soi
ne rendaient compte

95
00:05:09.166 --> 00:05:12.166
que d'un peu plus de 10 %
de la performance.

96
00:05:12.166 --> 00:05:15.600
Ceci peut paraître peu important,
mais dans le sport de haut niveau,

97
00:05:15.600 --> 00:05:20.033
un gain de 10 % de performance
peut permettre de monter sur un podium

98
00:05:20.033 --> 00:05:21.300
ou de battre un record du monde.

99
00:05:22.266 --> 00:05:23.266
Finalement,

100
00:05:23.266 --> 00:05:27.366
cette étude confirme le rôle que jouent
les perceptions que les athlètes ont d'eux-mêmes,

101
00:05:27.366 --> 00:05:30.833
tout en permettant de quantifier
leur poids dans la performance sportive

102
00:05:30.833 --> 00:05:32.133
en natation de haut niveau.

103
00:05:32.866 --> 00:05:36.700
Elle montre également que les relations
qui existent entre la performance

104
00:05:36.700 --> 00:05:40.266
et ces perceptions sont réciproques
et se renforcent mutuellement :

105
00:05:40.633 --> 00:05:44.900
les perceptions de soi, plus positives,
conduiront à de meilleures performances

106
00:05:44.900 --> 00:05:49.166
et de meilleures performances, conduiront
à des perceptions de soi plus positives.

107
00:05:49.566 --> 00:05:54.300
Néanmoins, ce mécanisme fonctionne
pour le meilleur mais aussi pour le pire.

108
00:05:54.633 --> 00:05:59.533
Ainsi, de plus faibles perceptions de soi
conduiront à une performance dégradée

109
00:05:59.933 --> 00:06:04.333
et de mauvaises performances conduiront
à une diminution des perceptions de soi.

